Mis à jour le
24.03.2013

La Corse : oui ou non ? C'est donc non. Ainsi soit-il !

Le référendum, c'est la consultation directe des citoyens. Oui ou non. L'essentiel est de savoir ce que pense la majorité d'entre eux à un moment donné, sur un sujet donné.. Il faut s'en tenir à cela. Pourquoi un référendum, si la réponse avait été connue d'avance.

Les deux départements de Corse subsistent. Le Gouvernement de la République s'en accommodera pour réaliser le développement économique de l'Ile avec les structures actuelles.

Je crois que ce référendum marque un succès de la République.

Les Corses n'avaient besoin de personne pour leur dicter leur réponse. Ils ont écouté les explications et motivations des uns et des autres. Et ils se sont exprimés.

Pour ma part, n'ayant jamais été indifférent à cette Corse dont était issue ma grand-mère maternelle, je tenterai un essai personnel d'interprétation de ce Non, majoritaire de très peu.

La faible différence entre le oui et le non, leur répartition non attendue entre grandes villes et villages semblent manifester que les Corses ont voté plus en conscience que dans le sillage de leurs élus. Le maire de Bastia doit seulement se féliciter d'avoir pressenti le vote de ses concitoyens et non pas de les avoir acquis au non.

La rivalité entre Ajaccio et Bastia existe suffisamment pour qu'on ne veuille pas d'une fusion des départements, comme il y a rivalité entre Nancy et Metz, ou entre Strasbourg et Colmar, voire entre Alsace et Lorraine ou entre Lorraine et Champagne-Ardenne. Les Grandes Régions ne sont pas encore mûres en France. Plus tard, peut être, si les élus Conseillers Généraux, ou ceux des Régions acceptent de revoir leur nombre et leur rôle.

Le développement économique, et social, doit être préalable à la réforme des structures et à l'expression politique qui en résulterait. Le Gouvernement doit veiller à l'homogénéité de ce développement sur l'ensemble de l'Ile, éviter les déséquilibres autant que le saupoudrage électoraliste. Ce pourrait être l'oeuvre d'un délégué général, façon Delouvrier.

Consciemment ou intuitivement, les citoyens Corses éprouvent le besoin d'Etat, cet arbitre entre leur rivalités internes, que la République Française dont ils sont les citoyens peut seul leur procurer. Peut-être ont ils manifesté leur scepticisme sur la capacité de leurs élus à s'unir et à agir dans l'intérêt général.

Quant aux nationalistes, partisans du Oui, mais avec les tenants de l'UMP et aussi ceux du PS, il est flagrant qu'ils sont à ce jour, minoritaires en Corse.

Je crois que ce référendum marque un succès de la République.

[08.07.2003]

Haut de page
Accueil | Qui est Roger Benmebarek ? | Billets d'humeur | Pour la Mémoire ATM | Les Cahiers de la Mémoire | Contact
Conception 2007 - VBDLDESIGN