Mis à jour le
24.03.2013

Article 1er de la Constitution : "La France est une République laïque"... et c'est tout !

La Constitution suffit à dispenser de légiférer pour imposer la neutralité de l'Etat à l'égard des confessions religieuses et philosophiques des français. L'application de ce principe fondamental est de l'ordre du règlement, arrêté ministériel ou règlement intérieur dans un établissement de tout type de l'Etat.

Alors que certains, méconnaissant la responsabilité du discours public, se plaisent à évoquer une France qui tombe, je dirai que c'est le débat public qui tombe. On se complaît dans des faux débats. Portés à la une des médias, ils encouragent la déstabilisation des fondations de la Société française.

Un problème, qui ne devrait pas en être un, est celui du voile. Voici pourquoi :

- La laïcité de l'Etat, constitutionnellement affirmée, interdit au gouvernement, aux établissements de l'Education Nationale comme au Parlement, de déclarer si le port du voile est un geste religieux ou ne l'est pas, ostentatoire ou non. Pour des autorités laïques, le voile ne peut être qu'une coiffure. Aucune signification religieuse ne peut lui être attachée. L'Etat républicain ne commente ni le Coran, ni la Bible.

- En revanche, le port d'une coiffure dans une salle de classe comme dans tout espace public couvert a, de tout temps, été proscrit par les usages et souvent par les règlements intérieurs des établissements. Comme le règlement interdit d'entrer sans cravate dans tout hémicycle, au Parlement, voire dans une salle de casino, la bienséance a ses règles. Et de même, se découvrir à l'écoute de l'hymne national ou au passage d'un convoi funèbre. L'Ecole publique a aussi pour but d'apprendre les usages qui permettent de vivre ensemble, le civisme autant que la civilité. Et c'est le devoir de tous de maintenir ces usages.

- Retirer sa coiffure en classe est un geste de politesse et de respect envers les professeurs et envers les autres élèves. Le maître, a fortiori le conseil de classe, est autorisé à sanctionner, ceux qui ne se plient pas à cette règle, et à demander l'exclusion de ceux qui persistent.

- Ceci concerne autant les coiffures des filles que celles des garçons ! Autorise-t-on un élève à conserver une casquette en classe ? non ! Imaginons qu'une jeune fille, affirmant ouvertement qu'elle n'obéit à aucune démarche religieuse particulière, se présente la tête couverte, seulement par choix vestimentaire, le maître pourrait-il hésiter, à lui demander de déposer sa coiffure au porte-manteau de la classe, par crainte de créer un éclat, qui deviendrait l'objet d'un débat public dans la presse et remonterait à une commission gouvernementale ou parlementaire ?

- Je dirais dans le même esprit que beaucoup de Français sont choqués de recevoir chez eux, par écran de télévision interposé, ces invités des studios, vedettes ou pas, qui restent coiffés devant les caméras, sans respect du téléspectateur chez qui on les introduit. Les producteurs de télévision devraient y réfléchir.

- Mais plus grave, ces jeunes filles ont-elles conscience qu'en ne respectant pas les usages de la Société, elles s'interdisent aussi l'accès aux emplois publics de l'Etat (notamment Magistrature, Armées, Police, Douanes, Postes, etc...) dont les préposés portent une coiffure réglementée par décret ou arrêté, pour ne pas évoquer les autres établissements privés qui ont le droit de régler et d'uniformiser vêtement et coiffure de leur personnel ?

- Républicain attaché à la laïcité du service public, je m'abstiens de toute appréciation sur la signification religieuse du port du voile. Chrétien, je n'attache aucune valeur à l'ostentation, la religion étant affaire intime. Cessons donc de remettre en cause les principes fondateurs de la République. Cessons de mépriser les usages qui permettent de vivre ensemble. Le débat public et les médias doivent respecter cette intimité et ne pas s'introduire comme par effraction, dans les consciences.

[07.11.2003]

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