Mis à jour le
24.03.2013

André Bord, artisan des relations franco-allemandes

Les liens entre Français et Allemands se renforcent dans les moments de tension internationale et à l'occasion des rencontres entre les dirigeants des deux pays. Jeudi 22 janvier, c'était un moment de pure amitié, autour d'André Bord, dans le magnifique Salon des Quatre Saisons de l'Hôtel de Beauharnais, à l'Ambassade d'Allemagne. L'ancien ministre (dont je fus le directeur de Cabinet) recevait le Cordon de Grand-Croix de l'Ordre du Mérite de la République Fédérale des mains de l'Ambassadeur.

André Bord, qui présidait jusqu'en 2003, la Commission de coopération issue du Traité de 1963, est reconnu de part et d'autre du Rhin, comme l'infatigable artisan des relations entre les deux pays, engagées par le Général de Gaulle et Conrad Adenauer. Les personnalités, réunies par l'Ambassadeur, témoignaient de l'étendue et de la profondeur des relations nouées par André Bord pour que s'établisse ce que le Général de Gaulle considérait comme la condition incontournable de la création de l'Europe, le coude-à-coude franco-allemand.

Pour qui connait le passé d'authentique résistant d'André Bord, échappé de l'Alsace annexée en 1940, actif agent de liaison dans les maquis de Dordogne, emprisonné par la Gestapo à Périgueux, condamné à mort, mais libéré par un incroyable coup d'audace de ses compagnons, rejoignant la Brigade Alsace-Loorraine d'André Malraux, combattant avec la 1ère Armée de Delattre, et qui par la suite, fut le premier alsacien ministre des Anciens Combattants, les symboles étaient forts ce 22 janvier, pour mesurer la distance qui éloigne aujourd'hui, nous allemands et français, du nazisme et des deux sanglants conflits mondiaux du siècle dernier.

La présence, justement soulignée par André Bord, du fils de Michel Debré, Jean-Louis, aujourd'hui Président de l'Assemblée Nationale, personnalisait ce passage du relais du Gaullisme et de la Résistance des années 40, à la Jeunesse des deux pays de l'Office franco-allemand, et à la nouvelle génération des dirigeants politiques de Jacques Chirac à Gerard Schroeder. Avec Yves Guéna, Président du Conseil Constitutionnel, le général de Boissieu, gendre du Général de Gaulle, et le Directeur du Cabinet du Président de la République, Michel Blangy, bien d'autres personnalités, diplomates, militaires, préfets, dirigeants du monde sportif (André Bord a toujours animé le mouvement sportif) et de nombreux amis, dont Alain Delon, illustraient un consensus fort et diversifié, autour d'un authentique promoteur de l'Europe la plus vraie, c'est-à-dire naturelle et affective.

[24.01.2004]

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