Mis à jour le
24.03.2013

L'entente cordiale : 1904-2004, une histoire familiale

La Reine Elisabeth vient célébrer le centenaire de l'Entente cordiale qui, en 1904, a marqué le rapprochement des deux Nations, entraînées toutes deux dans une rivalité ultra-nationaliste.

C'était 6 ans après cette grave crise du Soudan qui avait laissé l'opinion française meurtrie par la reculade imposée, par la diplomatie, au Commandant Marchand. Celui-ci avait du amener, face à Lord Kitchener, les couleurs de la France sur un coin de terre africaine, Fachoda, après d'immenses efforts consentis pour atteindre le haut du Nil.

Les grands-parents et arrière grands-parents de chaque famille française ont peut-être conservé des souvenirs de cette humiliation, suivie par d'heureuses retrouvailles. C'est le cas pour la mienne, souvenir d'avant et d'après Fachoda.

Une première entente cordiale avait été engagée par la Reine Victoria et le Roi Louis-Philippe et poursuivie par Napoléon III, allié de l'Angleterre lors de la guerre de Crimée, de 1854 à 1856. Mon arrière grand-père s'est ainsi vu attribuer, je cite, "la Médaille instituée par Sa Majesté la Reine d'Angleterre, avec quatre agrafes, pour les batailles d'Alma, de Balaclava, d'Inkermann et le siège de Sébastopol".

Fachoda survient en juillet 1898.

Mais après Fachoda, ma famille croise encore l'Angleterre. Le 11 février 1911, L'Illustration, le plus grand Hebdomadaire français de l'époque, l'a rappelé en publiant la photographie ci-contre, où figure mon grand-père maternel, fils de l'Officier précédent, qui rencontrait un Officier anglais, après une marche de près de 2 000 km, à travers l'Oubanghi-Chari (aujourd'hui République Centrafricaine), à la limite du Soudan, dans le Bahr el Ghazal. Cette rencontre, la première depuis Fachoda, fut... cordiale, l'honneur retrouvé.

Pour finir cette série franco-britannique, j'ai rencontré la Reine Elisabeth lors d'une soirée d'Etat à Versailles, et devant Notre-Dame, j'ai été présenté à Charles et Diana, mais, bien sûr, n'allez pas croire que j'ai évoqué ces souvenirs.

D'ailleurs, pour nous français, si le cœur peut y être, encore nous faut-il apprendre à mieux parler l'anglais.

Indeed.

[05.04.2004]

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