Mis à jour le
24.03.2013

Strasbourg et Kehl sur le Rhin

Je représentais l'autre jour à Paris, à la Maison de l'Alsace, l'Entente Franco-Allemande, présidée par André Bord, lors de la présentation à la Presse du Festival des Deux Rives. Durant six mois, le Festival va animer le "jardin" de 60 ha, aménagé entre Strasbourg et sa voisine allemande de Kehl. Plusieurs millions de visiteurs sont attendus dans un luxe de fleurs, d'eau et de lumière et de manifestations culturelles.

Que de réflexions me sont alors venues à l'esprit !

En tant que français.

Il n'y a plus le Rhin allemand et le Rhin français. Il n'y a plus qu'un grand fleuve majestueux en Europe. Le Maire de Kehl, Günther Petry, a opportunément rappelé que "Dieu a créé les fleuves pour construire des ponts". Le "glacis" marécageux qui séparait les deux pays est remplacé par un espace botanique appelant français et allemand à s'y retrouver, et les jeunes générations n'imagineront pas l'enjeu nationaliste qu'il représentait pour les uns et les autres. Y planter des arbres, à leur âge, c'est donner des racines à l'avenir.

En tant qu'ancien Préfet de la Région Lorraine, aujourd'hui membre de la section d'aménagement du territoire de notre Conseil Economique et Social.

Ayant toujours considéré que le Grand Est de la France (Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté et Lorraine) était le cœur de l'Europe, ayant présidé le Comité de SarLorLux (Sarre, Lorraine, Luxembourg, Palatinat), je pensais combien il était justifié de faire battre ce cœur avec le concours de tous, et ici avec nos voisins du Baden-Württemberg, et de le faire savoir aux parisiens.

Comme aménageur du territoire, comment ne pas voir justifiées mes propres positions privilégiant le doublement, entre sillon mosellan et massif vosgien, de l'A31 par une grande A32 européenne, intégrée dans l'environnement, et, aussi, le si attendu TGV Est. Ainsi se réalise aujourd'hui le Carrefour de l'Est, cher à André Bord.

J'ai eu à conduire, en 1995, l'enquête publique pour le TGV Est. Ce jardin de Culture, aujourd'hui réalisé entre Strasbourg et Kehl, aurait conforté mes arguments d'alors : le TGV est moins fait pour mener plus rapidement les alsaciens et les lorrains vers Paris que pour drainer les millions de parisiens vers l'est, au cœur de l'Europe et au-delà, vers Munich et Vienne. Cela justifiait même ce grand stade de l'Est que les municipalités de Strasbourg et de Metz n'ont pas su accepter alors qu'on le leur offrait sur un plateau.

Mais aujourd'hui, il faut se préparer sans tarder. Dans peu d'années, des milliers de parisiens pourront être, en à peine une heure et demie à deux heures, à Metz et Nancy, puis dans les Vosges, puis à Strasbourg-Kehl-sur-Rhin. Que les responsables de la Culture, du Tourisme, de l'Hôtellerie et surtout les politiques, d'Alsace et de Lorraine, soient au rendez-vous du TGV, sur la Moselle et sur le Rhin.

www.kehl.de
www.festivaldesdeuxrives.com

[08.04.2004]

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