Mis à jour le
24.03.2013

Sévices : y aurait-il un marché de l'horreur ?

Inadmissible en tout temps et en tout lieu, la torture serait-elle un thème qui fait vendre, et plus encore, la violence, lorsqu'elle est dégradante, a fortiori lorsqu'elle est sexuelle. Télévisions et journaux matraquent les spectateurs du monde entier d'images qu'on n'a pas besoin de voir deux fois, ni même une seule fois, dès lors que l'information est claire et confirmée. Le mot "sévices", toujours au pluriel, suffirait à exprimer les situations dénoncées. Par l'image, on arrive au contraire, à banaliser la torture, voire à la suggérer aux âmes faibles.

Et qui pense à l'effet produit sur ces adolescents qui s'identifient volontiers aux maîtres de la violence, si présents dans les fictions et les jeux vidéos. Un triste exemple est venu récemment devant les juges.

En revanche, le téléspectateur normal a le droit de se poser des questions :

A qui profitent ces faits intolérables ? En politique internationale, aux adversaires de la guerre de GW Bush. Cela est évident. En politique intérieure américaine, aux démocrates, c'est vraisemblable. Mais attention. Qu'on ne prouve pas un jour, qu'il y a eu manipulation. L'effet de retour serait pire.

Qui a pris ces photos, qui a filmé ces séquences ? En amont, qui a autorisé ces prises de vue ? En aval, ces photos ont-elles été achetées, par qui et combien ?

Et quel est le prix payé en France, par nos propres magazines ? Si un tel commerce de l'horreur existe, il ne peut être licite. Qui peut ouvrir une enquête à cet égard ? Le Parquet, le Parlement, le CSA ?

Enfin, les défenseurs des Droits de l'Homme, si prompts à s'enflammer dans notre pays, n'ont-ils pas curieusement, un peu trop tardé à s'aviser de ces questions encore sans réponse ?

[14.05.2004]

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