Mis à jour le
24.03.2013

Parlement européen en 2004 : une cuvée pour les jeunes à préserver de tout coupage

En juin 2004, l'élection du Parlement européen sera différente des précédentes. Les partis politiques devraient s’en aviser pour ne pas dénaturer la campagne qui s'amorce. L'Europe à venir, dans ses 25 états-membres, est une Europe pour les jeunes, qui sera pilotée par une nouvelle génération de citoyens.

Pour les jeunes, l'Europe est une évidence et la conscience européenne est plus forte que les consciences nationales. Rendre efficace cette Europe est leur ambition, non la freiner et la cantonner dans des attitudes attentistes. C'est un besoin d'Europe qui va s'exprimer dans les urnes et non pas un rejet de l'Europe, ce qui est un combat dépassé.

Dans la solution des conflits mondiaux, ce besoin est plus que jamais manifeste, tant pour éviter l'hégémonisme des Etats-Unis (à cet égard, un "vieux pays" enfermé dans ses vieilles certitudes et ses mauvaises habitudes) que pour régler des problèmes graves, proches, constituant des risques pour le territoire européen (face à face Israël-Palestine et division des ethnies africaines avec leur dénuement insupportable, lequel aggrave la charge de l'immigration en Europe).

En Europe même, il est souhaité par tous que les Institutions européennes ne s'immiscent pas dans la gestion interne des Etats et se défassent de leur réputation bureaucratique. En revanche, il est souhaité que l'Europe traite franchement les vrais problèmes communs à tous les Etats et les prenne en charge financièrement (la sécurité, la défense, la recherche et l'immigration).

C'est une vision du futur qui s'impose à la majorité des européens. Ces principes sont simples, mais essentiels. Les candidats ne doivent pas se tromper en menant pour demain, une campagne d'hier.

En France, cela renvoie dos à dos, ceux qui répugnent à voir l'Europe s'installer, soit en menant des combats d'arrière garde, soit en détournant les choix vers des problèmes internes à notre pays. A cet égard, ceux qui prônent à nouveau, un vote-sanction, hors-jeu, (cf. un de mes précédents billets), sont indignes du bénéfice de l'aide publique qui leur est accordée pour leur campagne.

Par contre, il est logique que les générations plus anciennes, qui votent plus que les jeunes, mais vont en diminuant, veuillent s'exprimer à la fois en pensant à l'avenir de ces Jeunes et en établissant des garde-fous. Il leur faut donc trouver ces candidats de bon sens, qui, contre l'aventure, dans une démarche prudente, situent les vrais problèmes dans un ordre logique des priorités : créer des institutions efficaces, exister dans le monde comme une entité unie et visible, s'opposer par contre à ce qui réduirait la force et l'originalité de l'Europe, donc éviter la dilution de celle-ci et renvoyer à plus tard tout projet d'extension nouvelle.

Pour ce faire, en résumé, évitons de porter au Parlement de Strasbourg, les habitudes politiques réservées au Palais-Bourbon et ne laissons pas s'y constituer une nouvelle internationale socialiste ou une ligue des droites extrêmes, des crus frelatés ou tournés en vinaigre. Pour la pureté de cette cuvée 2004, gardons la de tout coupage.

[15.05.2004]

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