Mis à jour le
24.03.2013

Scrutin du 13 juin : élection continentale ou cantonale ?

Une seule leçon doit être tirée de ce scrutin, en France : une abstention si massive ne peut être un manque de civisme des français. Il faut en rechercher la raison et se projeter au-dessus de la politique, voire au-delà.

1. L'électeur se sent sans influence sur l'orientation des institutions européennes. Pour lui, c'est l'affaire des gouvernements et de la Commission. Le rôle des députés européens n'apparaît pas suffisamment déterminant. Si cela était, les partis n'auraient-ils pas désigné des personnalités plus marquantes et mieux connues des Français ?

2. L'électeur français est plus sensible aux solidarités de proximité, or le cadre choisi des grandes régions ne correspond pas à des communautés d'intérêt pouvant susciter la proposition ou la défense d'actions concrètes. Qu'y a-t-il de commun entre l'électeur d'Aquitaine et celui de Languedoc-Roussillon, qui a plus d'intérêt avec celui de PACA qu'avec les rives de l'Atlantique ? N'y a-t-il pas un lien plus fort entre celui de Normandie et celui de Bretagne qu'il n'y en a entre Normandie et Nord-Pas-de-Calais ? La Picardie n'est-elle pas plus proche de l'Ile-de-France tandis que Poitou-Charente est certainement lié au Limousin. Quant à l'Auvergnat, il regarde plutôt vers Rhône Alpes, ou vers le Rouergue.

3. Les solidarités retenues ne me paraissent pas s'inscrire dans une communauté de destin, propices à l'aménagement du territoire européen. Dans le découpage des grandes régions, on n'a pas suffisamment tenu compte des axes du réseau autoroutier qui génèrent les flux de circulation des populations européennes et des liens économiques logiques, de la même manière qu'ils favorisent des relations humaines et politiques plus homogènes. Dans des espaces désincarnés et privés d'une logique européenne, l'électeur ne pouvait s'insérer facilement dans la démarche européenne.

4. En revanche, en n'épousant pas eux-mêmes les solidarités de la géographie humaine, les partis politiques donnent à l'électeur l'impression de n'avoir vu dans l'Assemblée de Strasbourg, qu'un lieu d'extension des joutes politiques nationales, sans toutefois y envoyer les plus représentatifs de ses membres. Les sièges de Strasbourg seront-ils toujours considérés comme des strapontins pour asseoir les apparatchiks ?

5. La leçon à tirer du 13 juin, n'est-elle donc pas pour le gouvernement, de permettre à l'Europe de se découper mieux selon les solidarités du terrain, voire de permettre l'expression des solidarités transfrontalières, pour servir en priorité, des ambitions de niveau continental.

6. La leçon pour les partis politiques, n'est-elle pas d'imaginer une pratique de la démocratie européenne plus distante des rivalités politiques nationales et plus profitable à l'ensemble européen. Les partis de gauche ne seraient-ils pas les premiers à devoir comprendre qu'ils ne peuvent prétendre à un retour au pouvoir à Paris, en passant par Strasbourg, pas plus d'ailleurs, qu'ils ne peuvent y prétendre en passant par les présidences régionales. L'amalgame est à l'opposé de la clarté et de l'efficacité.

Chaque voie a sa logique et sa finalité. Les jeunes électeurs n'ont ils pas exprimé, ne votant pas, qu'il n'entendent pas s'immiscer dans des débats archaïques et confus ?

C'est pourquoi un site internet, comme celui-ci, www.rogerbk.com, veut élever le débat citoyen.

[15.06.2004]

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