Mis à jour le
24.03.2013

Le culte de la laïcité dans la République

La France est une République laïque. Mais la laïcité est-elle bien comprise par tous ? Je crains qu'habitués au mot, les Français n'en réalisent pas toute la portée, et que les étrangers, moins informés ou peu enclins à reconnaître l'exception française, n'imaginent pas combien la laïcité est porteuse de liberté et d'égalité. En cela, la France reste bien le premier pays des Droits de l'Homme.

Le principe de laïcité est inscrit dans l'Article 1er de la Constitution après avoir été proclamé par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances." Des lois et règlements en précisent l’application.

Autrement dit, la loi interdit toute discrimination selon la religion. La loi respecte la liberté de croyance. Les devoirs de l'Etat sont ainsi clairement affichés. Ceux du citoyen aussi.

L’Etat serait en faute si un seul de ses représentants, du plus haut grade au guichetier au contact du public, s’enquérait de l'éventuelle croyance ou de l'absence de croyance de son interlocuteur. Aucune enquête, aucun questionnaire, aucun dossier administratif ou judiciaire, aucune statistique ne peut comporter de références à la croyance ou à la non croyance du citoyen.

Il en serait de même, pour l'administration publique et pour l'entreprise privée, à l'occasion du recrutement ou du déroulement de carrière d'un agent ou d'un salarié, comme à l'occasion de toute activité sociale ou marchande. Les médias doivent s'attacher plus encore, à raison de l'étendue de leur diffusion, à respecter l'intimité des convictions de toute personne citée. La discrimination est punie par la loi et les juges sont en présence d'un immense champ d'application.

Non seulement le citoyen ne doit répondre à aucune inquisition de la sorte, mais il se mettrait lui-même en faute à l'égard de la loi, s'il le faisait, a fortiori s'il faisait valoir dans son rapport avec l'Etat ou dans toute autre démarche, un signe religieux de reconnaissance ou s'il souhaitait que sa croyance fut prise en compte. Les seules exceptions s'inscrivent elles-mêmes dans l’exercice des libertés publiques régi par la loi.

Le même principe constitutionnel impose à l'Etat, au nom de l'égalité devant la loi, le devoir de faire respecter cette liberté, et éventuellement de prévenir et sanctionner toute agression contre la liberté des cultes. Les religions ont toutes leur place en France, mais que leur place. Aucune ne peut s'imposer à l'Etat ni gêner les autres.

A-t-on mesuré dans notre pays et dans le monde, combien la liberté des croyances religieuses dans notre pays est totale et combien elle est protégée ? On peut, à l'infini, énumérer les cas où la laïcité peut être invoquée dans la vie publique.

Si on ajoute à cette règle de non-discrimination, la considération que, souvent, les communautés religieuses recouvrent, mais pas forcément toujours, des communautés ethniques, et qu'ainsi, la laïcité fonde l'antiracisme, on doit constater que la laïcité est le meilleur ciment de la cohésion sociale et le fondement moderne de la Nation.

Encore faut-il que ce principe soit compris et fermement défendu par tous. J’ose exprimer la nécessité d'un "culte de la laïcité".

[25.09.2004]

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