Mis à jour le
24.03.2013

En croisant l'histoire

Né en 1930, à Constantine, l'ancienne Cirta, Roger Benmebarek est fier des sources d'une famille, que dans un patient et difficile travail de recherche... et d'imagination, il voudrait replacer jusque dans les traces des rois numides, Masinissa (240-148 av. JC), Jugurtha (160-104 av. JC), balançant entre Rome et Carthage, Scipion l'Africain contre Hamilcar Barca, Hannibal, ou encore, beaucoup plus tard, sur les pas de Saint-Augustin (354-430 ap. JC), des noms et des villes qui ont peuplé ses rêves d'enfant à partir de ses versions latines et des noms des vieilles rues qui le menaient au Grand lycée de Constantine. On méconnaît l'importance de cet espace, charnière entre l'Espagne, Carthage et Rome, partie de la Méditerranée dont tout le pourtour occidental est, plus que tout autre, marqué des mêmes signes.

Plus proches, ces arrière-grands-parents, grands-parents, parents,
militaires de l'Armée française depuis 1832, administrateurs, enseignants
qui ont rencontré l'Histoire, avec la Colonisation Française, dont il
faudra bien reconnaître un jour, solennellement, les énormes bienfaits
plus que les erreurs.

Quelques figures ont marqué Roger Benmebarek. Cet arrière-grand-père recevant la Légion d'Honneur en 1843, pour fait personnel héroïque, dans les rangs du 3° Régiment de Tirailleurs, et fait officier au combat en Crimée, devant Sébastopol, en 1855. Ce grand-père maternel, officier interprète, explorateur du Haut Oubangui, parcourant à pied plus de 2 000 km. Amené à rencontrer dans le Bahr el Ghazal, au Soudan, une colonne anglaise, l'hebdomadaire L'Illustration, du 11 février 1911, relate le fait, photo à l'appui, rappelant qu'elle était la première rencontre depuis la fâcheuse affaire de Fachoda. Ce grand-père paternel, instituteur sur un piton berbère, qui retint l'attention, remettant à la Croix Rouge Française, la prime d'engagement de son fils, parti au front, avec le 7° Régiment de Tirailleurs. C'est sur les traces de ce fils, engagé sur les défenses de Pont-à-Mousson où il fut blessé, c'est-à-dire sur les traces de son père, que 80 ans plus tard, Roger Benmebarek, Préfet de la Région Lorraine, connut une profonde émotion en se recueillant au-dessus de Montauville, sur la stèle élevée en mémoire de ceux qu'on appelait "les Loups de Bois-le-Prêtre".

Autre rencontre avec l'Histoire, en 1945 : son père, administrateur des services civils en Algérie, est désigné par le Gouverneur Général Chataigneau pour rétablir à Takitount, un climat de confiance entre les communautés éprouvées par les sanglants événements de Sétif, de mai 1945. Sur ce point Roger Benmebarek entend rétablir une vérité, qu'il a vécue à l'âge de 15 ans.

Ce passé familial fait comprendre pourquoi Roger Benmebarek ne peut
accepter la mise en cause, injuste et outrageante, de la sincérité de
l'engagement sur le front, entre 1914 et 1918, de ces troupes françaises
d'Algérie ou d'Afrique. Il n'admet pas plus l'outrage fait aux harkis,
pour lesquels, lui-même écrivit de sa main, alors qu'il était le Directeur
de Cabinet du Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, André Bord,
l'article de la Loi de 1974 qui établit l'égalité de droits des membres
des supplétifs en Afrique du Nord, avec les militaires. Il se rappelle
aussi, avoir reçu un jour, voici presque 40 ans, la visite de Jacques
Chirac, de retour d'Algérie, venu lui demander de l'aider au rapatriement
de sa harka. Sur les événements d'Algérie, de 54 à 62, il entend aussi
témoigner un jour.

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